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lundi 5 mars 2012

Vaincre le stress au travail

Le point sur le stress au travail 
 
Destresser au travail 










Le stress au travail constitue aujourd’hui une réelle préoccupation. Dans une société qui connaît un taux de chômage important et où la performance est devenue reine, beaucoup font passer le travail avant la santé.

Les chiffres sont révélateurs. Selon une étude menée au Canada en 2010, 27% des travailleurs (soit 3,7 millions) affirment que leur quotidien est très stressant et 46% (soit 6,3 millions) déclarent être au moins un peu stressés.

Trois quarts des salariés canadiens seraient donc victimes d’un stress plus ou moins important au quotidien. Autre fait révélateur : 62% d’entre eux affirment que leur travail est la source de ce stress.

La situation est la même en France où une étude menée par l’ANACT (Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail) sur un échantillon de 1000 cadres a montré que 89% ont le sentiment de devoir travailler trop vite et 58% ont l’impression que leur efforts ne sont pas reconnus par leur hiérarchie.

Le stress au travail semble en outre se répercuter au niveau personnel. Ainsi, 63% de ces cadres déclarent avoir subi des troubles du sommeil dans les 12 mois précédents l’enquête, 25% ont eu des problèmes conjugaux et 7%, des pensées suicidaires.

L’avis de notre spécialiste
Les causes du stress sont multiples : une société devenue de plus en plus individualiste, la réussite de chacun étant considérée comme l’objectif ultime. Certains parents programment très tôt leurs enfants afin qu’ils excellent à l’école et dans leurs loisirs, alors qu’eux-mêmes se battent pour leur propre carrière dans un contexte de crise sans fin.

Les nouvelles technologies n’aident pas : elles permettent d’être toujours relié(e) aux collègues, que ce soit le soir chez soi, en fin de semaine, ou même en vacances à l’autre bout du monde. En plus de ces progrès techniques, nos économies se stabilisent dans un état de crise permanente où la peur de perdre son emploi est généralisée.

Christophe Bagot

Quand les nerfs lâchent...

Dans son ouvrage L’empire du Stress, Christophe Bagot, docteur spécialisé en psychiatrie, distingue deux types de stress : le « bon » et le « mauvais ».

Le bon stress est celui qui permet de réaliser de meilleures performances, tandis que le mauvais stress est sclérosant : il « paralyse » littéralement et peut avoir des conséquences négatives sur la santé.

Le stress se déroule en 3 phases :

1 - Phase d’alarme
Il s’agit d’une réaction spontanée au stress par la libération d’adrénaline. S’en suit une réponse de l’organisme : palpitations, augmentation de la pression sanguine, etc.

2 - Phase de résistance
L’organisme doit s’adapter à la situation stressante. Bénéfique, elle permet d’optimiser la productivité en mobilisant l’énergie dont le corps dispose. Une fois la situation stressante dépassée, l’organisme peut opérer un « retour à la normale ».

3 - Phase d’épuisement
Quand la pression liée au stress est maintenue, des problèmes de santé d’ordre physique ou psychologique peuvent survenir. L’organisme s’affaiblit et devient plus sensible aux maladies cardiovasculaires, à l’obésité, au cancer, aux dépendances (tabac, alcool), aux insomnies. Lorsqu’il s’installe de manière durable, il peut donner lieu à de l’anxiété généralisée (stress chronique), de la dépression, voire des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

Si le stress est provoqué par l’environnement professionnel, on parle alors de burn out (= épuisement professionnel).

Qui est concerné(e) ?

Les femmes sont les plus concernées par le stress au travail, car elles doivent, la plupart du temps, assurer sur tous les fronts en tenant à la fois le rôle de mère, celui de femme et celui de salariée.

Une étude de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) réalisée en mars 2009 révèle que 37% des femmes sont victimes d’un mal-être lié au travail, contre 24% pour les hommes. Il est toutefois important de noter que 94% des suicides imputés au travail touchent des hommes.

Les stéréotypes liés à l’identité sexuelle sont monnaie courante dans le milieu du travail. Alors que la femme se doit d’être sensible et plus investie dans sa réussite personnelle que sociale, on attend de l’homme qu’il soit ferme et ambitieux. Certains hommes et certaines femmes peuvent se sentir enfermé(e)s dans ces rôles « prédéfinis ».

Le stress au travail dépend également de l’activité exercée : certains métiers sont jugés plus anxiogènes que d’autres. C’est le cas par exemples des professions suivantes : policiers, militaires, enseignants, psychologues... Les cadres dirigeants semblent également concernés.

En plus de ces facteurs, des particularités individuelles entrent en jeu. Les personnalités accordant une trop grande importance au travail, étant qualifiées de perfectionnistes et/ou rigides sont davantage exposées au risque de stress au travail. En outre, certains contextes de vie, comme des difficultés personnelles (deuil, séparation, etc.) contribuent à élever le niveau de stress, y compris dans la sphère professionnelle.

L’avis de notre spécialiste
Alors que les femmes consultent plutôt à cause des conséquences psychologiques du stress, les hommes sont eux souvent victmes de ses conséquences physiques, avec par exemple des problèmes cardio-vasculaires. Le rôle que doivent jouer les hommes dans nos sociétés leur interdit de se plaindre et leur demande de contenir leurs émotions, voire de cacher leur malaise psychologique. Cela ne veut pas dire qu’ils ne souffrent pas mais qu’ils l’expriment de façon différente. Ils peuvent présenter des attaques de panique ou des crises d’angoisse qu’ils dissimulent à leur entourage. Il y a quelques années, lors d’une sécheresse en Australie, un fermier se suicidait tous les 4 jours car il ne pouvait plus nourrir sa famille ...

Christophe Bagot

Comment déstresser au travail...

Apprendre à s’organiser
Organiser ses taches quotidiennes sous forme de liste et les hiérarchiser par ordre d’importance permettra de gérer son temps et de ne pas se sentir débordé(e).

Prendre une pause
Savoir s’octroyer quelques minutes de répit au travail limitera le stress, tout comme le fait de pas déjeuner sur place qui aidera à déconnecter de l’ambiance de travail et à décompresser.

Avoir confiance en soi
Beaucoup de salariés affirment manquer de reconnaissance dans le milieu professionnel. Cependant, cela ne veut pas dire que leur travail n’est pas apprécié. Apprendre à avoir confiance en ses capacités permettra de vaincre une partie du stress.

...et à la maison  ?

Etablir une limite entre vie professionnelle et personnelle
Les nouvelles technologies en sont la preuve : nous sommes joignables partout et à tout moment. Il est important de savoir fixer une barrière entre travail et vie personnelle afin de ne pas se laisser envahir.

Se détendre
Il existe différentes manières de se relaxer. Alors que certains préfèreront pratiquer une activité physique intense, d’autres choisiront de se détendre en méditant, en écoutant de la musique ou en ayant recours aux médecines alternatives comme l’aromathérapie.


L’avis de notre spécialiste
Nous devons considérer le stress professionnel comme une maladie infectieuse. Quand l’un des parents est atteint, c’est toute la famille qui risque d’être contaminée. Comment y remédier ? Défendre à tout prix l’espace et le temps consacré à sa vie de famille contre ces incursions du monde du travail.

Christophe Bagot

Vos témoignages

« Je crois que l’épuisement professionnel ou l’épuisement tout court fait suite à l’exposition d’un niveau élevé de tension récurrente. Le cerveau est bien fait, il a la faculté de nous avertir. Il faut savoir écouter nos indices, ralentir et prendre le temps de respirer et d’observer. » Hélène

« Je subis actuellement mon 2ème burn out, lié à une combinaison entre surcharge et abus de pouvoir de mon supérieur et problèmes personnels : adolescent très difficile et ménopause. J’ai compris qu’il était important de prendre du temps pour se remettre et pour retrouver une passion ou un loisir. N’oubliez pas de communiquer avec vos familles et d’extérioser peines et frustrations. » Lise

« J’ai vécu un burn out qui a duré 3 ans, durant lequel je ne comprenais pas ce qui m’arrivait : je souffrais de partout. J’ai cherché pendant longtemps la solution « miracle ». A chacun sa méthode , il faut écouter son corps et reprendre contact avec lui. La cohérence cardiaque a été pour moi une révélation. Cet horrible burn out n’est plus qu’un mauvais souvenir. On peut en sortir et quel bonheur ensuite. Ne perdez pas espoir. » Maryanig

http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Dossiers/DossierComplexe.aspx?doc=destresser_au_travail_page1_1_do

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