Noms communs : Thym commun, thym espagnol, serpolet.
Noms botaniques : Thymus vulgaris, Thymus zygis, Thymus serpyllum, famille des labiées ou lamiacées.
Nom anglais : Thyme.
Parties utilisées : Feuilles et fleurs.
Habitat et origine : Petit arbrisseau ne dépassant pas une trentaine de centimètres de hauteur, le thym est originaire du bassin méditerranéen et pousse en plein soleil dans les sols riches et bien drainés.
Indications
Recherches sur le thym.
Posologie du thym
Par voie interne
Inflammation des voies respiratoires
- Infusion. Infuser de 1 g à 2 g de plante séchée dans 150 ml d'eau bouillante durant 10 minutes. Boire plusieurs tasses par jour, au besoin.
- Extrait fluide (1:1, feuilles fraîches ou 1 :4, feuilles séchées). Prendre de 20 à 40 gouttes, diluées dans de l’eau ou du jus, 3 fois par jour.
- Teinture (1:10 éthanol à 70 %). Prendre de 20 à 40 gouttes, diluées dans de l'eau ou du jus, de 1 à 3 fois par jour.
Par voie externe
Plaque dentaire, stomatite, halitose, laryngite et amygdalite
- Rince-bouche ou gargarisme. Infuser 5 g de plante séchée dans 100 ml d'eau bouillante, durant 10 minutes. Se rincer la bouche ou se gargariser avec la préparation filtrée et refroidie, de 2 à 3 fois par jour. On peut aussi diluer quelques gouttes d’extrait liquide dans de l’eau.
Plaies et irritations cutanées mineures
- Compresses. Utiliser la même infusion que celle décrite ci-dessus pour le rince-bouche ou le gargarisme et appliquer au besoin sur les parties atteintes.
Truc d’expert. Pour dégager les voies respiratoires, rien de tel que le thym, selon Jean-Louis Brazier, pharmacologue et professeur titulaire à l’Université de Montréal. Plonger 2 c. à table de thym dans un bol d’eau bouillante. Pencher la tête au-dessus du bol. Se couvrir d’une serviette. Respirer tout doucement au début, les vapeurs étant importantes. Quelques minutes suffisent. Le thym, comme l’eucalyptus, contient des terpènes qui ont un effet expectorant. Ce conseil est tiré de notre dossier Ma pharmacie. |
Historique du thym
Depuis plus de 12 000 ans, le thym fait partie de la vie quotidienne des humains, tant pour ses usages médicinaux et cosmétiques que culinaires. Les Sumériens et les Égyptiens de la haute Antiquité l'utilisaient pour embaumer leurs morts. Chez les Romains, on faisait brûler du thym pour purifier l'air et éloigner les animaux nuisibles. On s'en servait aussi pour aromatiser fromages et boissons alcooliques. Les militaires en mettaient dans leur bain pour se donner de la vigueur. Au Moyen Âge, le thym était réputé pour donner du courage aux chevaliers.
De nos jours, l'huile essentielle de thym et le thymol, un de ses composants, sont couramment utilisés pour la confection de savons et de cosmétiques divers. En Amérique du Nord, l’une des marques les plus populaires de rince-bouche (Listerine®) contient du thymol ainsi que de l'eucalyptol et du menthol. Il entre aussi dans la composition de quelques dentifrices. En Europe, le thym compte encore parmi les plantes les plus fréquemment recommandées contre la toux et l'inflammation des voies respiratoires. Pour en savoir plus sur les usages culinaires du thym, consultez notre fiche Thym dans la section Nutrition.
Recherches sur le thym
Bronchite
Trois essais plus récents ont confirmé l’efficacité de la combinaison thym-primevère pour réduire modérément la durée et l’intensité des symptômes de la bronchite2-4. Les produits testés - Bronchipret®2, Bronchicum Tropfen®3 et Bronchicum Elixir® - sont fabriqués en Allemagne et ne sont pas disponibles au Québec4.
Il est à noter que la racine de primevère, seule ou associée au thym, est reconnue par la Commission E allemande pour le traitement de l’inflammation des voies respiratoires.
Le lierre grimpant, qui est l’ingrédient principal de ces sirops, est reconnu par la Commission E pour soulager à lui seul l’inflammation des voies respiratoires, notamment la bronchite chronique.
Note. L'objectif principal d'une étude de pharmacovigilance est de répertorier les éventuels effets indésirables et non pas les effets thérapeutiques d'une substance. Les résultats thérapeutiques rapportés dans cette étude ne constituent donc pas, à eux seuls, une preuve, mais plutôt un indice de l'efficacité de ce sirop à base de thym et de lierre grimpant pour traiter la bronchite. |
Ainsi, la Commission E allemande reconnaît l’efficacité du thym pour le traitement des symptômes de la bronchite, de la coqueluche et de l’inflammation des voies respiratoires. En plus de ces usages, l'ESCOP lui reconnaît une utilité pour le traitement de l’inflammation des muqueuses de la bouche et des gencives (stomatite) et de la mauvaise haleine chronique (halitose). Quant à l'Organisation mondiale de la Santé, elle souligne qu'en plus de ces usages, les pharmacopées européennes font mention du thym pour traiter la dyspepsie et d'autres troubles gastro-intestinaux, la laryngite et l'amygdalite (en gargarisme), ainsi que les blessures cutanées mineures.
Divers. Selon les résultats d'une étude à double insu avec placebo, un mélange d'huiles essentielles de romarin (psn), de lavande, de thym et de noix de cèdre pourrait être utile pour les personnes souffrant de pelade17. La « recette » employée au cours de cette étude est la suivante : 3 gouttes de romarin, 2 gouttes de thym, 3 gouttes de lavande, 2 gouttes de noix de cèdre et 3 ml d'huile de jojoba, le tout ajouté à 20 ml d'huile de pépins de raisin.
En aromathérapie, l’huile essentielle de thym (Thymus vulgaris CT thujanol et Thymus satureoïdes, surtout) a de nombreux usages, dont la prévention et le traitement des infections respiratoires18. À utiliser sous la supervision d’un aromathérapeute dûment formé (voir la section Précautions ci-dessous). |
Précautions
Attention
- Éviter le thym en cas d'allergie aux plantes de la famille des labiées (famille de la menthe).
- Les personnes sensibles au pollen de bouleau ou au céleri pourraient souffrir de sensibilité croisée avec le thym.
- Bien qu'un usage très répandu n'ait entraîné, en plusieurs millénaires, aucun effet indésirable durant une grossesse ou l'allaitement, certaines sources recommandent aux femmes enceintes et qui allaitent d'éviter les extraits et les concentrés de thym.
- Ne jamais prendre d'huile essentielle de thym par voie orale, sauf sous la surveillance d'un aromathérapeute compétent, car au-delà d’un certain dosage, cette huile peut être toxique, selon des essais in vitro et sur des animaux19,20.
- Ne jamais appliquer d'huile essentielle de thym sur la peau sans la diluer et choisir de préférence une huile douce à linalol, géraniol ou terpinéol (composés du thym « jaune », par opposition à ceux du thym « rouge » ou au thymol qui sont plus corrosifs pour la peau). Diluer dans de l'huile végétale (maximum 5 % d'huile essentielle).
Contre-indications
- Aucune connue.
Effets indésirables
- Les rares effets indésirables rapportés sont surtout de nature allergique. On a parfois observé des brûlures d'estomac et de l'irritation gastro-intestinale.
Interactions
Avec des plantes ou des suppléments
- Aucune connue.
Avec des médicaments
- Agents pro ou antithyroïdiens. Sur la base d’un essai sur des rats21, le thym pourrait théoriquement diminuer l'impact d'une thérapie de substitution des hormones thyroïdiennes ou exacerber l'effet des médicaments antithyroïdiens.
http://www.passeportsante.net/fr/Solutions/PlantesSupplements/Fiche.aspx?doc=thym_ps
Réviseure :
Danielle Julie Carrier, professeure agrégée, Biological and Agricultural Engineering, University of Arkansas (juin 2011). | |
Recherche et rédaction : PasseportSanté.net
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Mise à jour : juillet 2011
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RéférencesNote : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée.Bibliographie Alves L. Aromathérapie - Thym, Aromalves [Consulté le 2 juin 2011]. www.aromalves.com Barnes Joan, Anderson A. Linda, Phillipson David J. Herbal Medicines, Pharmaceutical Press, Grande-Bretagne, troisième édition, 2007. Baudoux Dominique. L'aromathérapie - Se soigner par les huiles essentielles, Atlantica, 2001. Blumenthal M., Goldberg A., Brinckmann J.(Ed). Expanded Commission E Monographs, American Botanical Council - publié par Integrative Medicine Communications, États-Unis, 2000. European Medecine Agency – Science Medicines Health. Herbal medicine for human use. Thymi aetheroleum. Thymi herba. Thyni herba/Primulae radix. [Consulté le 2 juin 2011]. www.ema.europa.eu European Scientific Cooperative on Phytotherapy (Ed). 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